vendredi 1 avril 2011

Les has been

Les has been souffrent et s'amusent
car dans dix ou vingt ans
- mais qu'est-ce que dix ou vingt ans
face à l'éternité qui attend -
ceux qui à présent
buzzent et buzzent et buzzent
à leur tour pâliront
devant les portes fermées.
Dix ou vingt ans c'est si vite passé
songent les has been
qui souffrent et s'amusent
avant de trépasser.

jeudi 17 février 2011

LETTRE D'UN PROFESSEUR DES ÉCOLES

Poème d’un professeur des écoles à lire et à faire largement circuler.

Monsieur Le Président, merci de lire ce message :

Un p’tit bonheur sur une page,
Une douceur... pour l’Éducation Nationale.

Je le confie à la toile,
La grande toile du progrès,
Afin qu’il tisse les voiles...
De la solidarité,
Et qu’il rayonne aux ondes…
De l’humanité.

Je suis Professeur des Écoles
Dans un petit village de l’Eure,
Trois cents âmes y demeurent,
Et vingt-six élèves à l’école…
Une classe, dite « unique »,
Mais cinq cours, dits multiples...

Dans cette école une chance,
Un p’tit morceau de bonheur,
Qui s’écrit avec ces trois lettres :
Employée de la Vie Scolaire…

Pour l’Éducation Nationale,
Un p’tit bonheur, c’est pas banal,
Un léger baume sur le cœur
De cette Grande Dame
Un peu... bancale !

Notre bonheur, c’est Géraldine,
En silence elle participe
A la guérison d’la Grande Dame...
Elle est... une Valeur Ajoutée
HUMAINE rentabilité,
Et c’est du bonheur... assuré !

Dès le matin, elle s’active,
C’est sur le net qu’elle s’incline
Les courriers, les notes de service,
Toutes les infos de l’inspectrice,
Et celles de l’Académie....

Mes mots notés au brouillon,
Les compte-rendu de réunion,
Tapés, imprimés, photocopiés,
Enveloppés, adressés, timbrés,
Prêts à être distribués...

Encadrés, les derniers dessins des CP,
Affichés, sinon... à quoi bon dessiner ?
Un CM vient montrer son texte sur le musée,
Elle l’aide à le recopier, à taper sur le clavier…
Afin de ne pas gêner, le travail commencé,
Un autre enfant vient finir avec elle l’exercice,
Elle explique et décortique, redonne de l’énergie...

Rangée la bibliothèque,
Notés les livres prêtés,
Elle prépare la maquette,
La une du journal scolaire...
Ah ! Notre petit journal
« Magique », ils l’ont appelé
Quel travail de fourmi,
J’y passerai... des nuits ?

Sonne la récréation, une mi-temps pour souffler,
Elle me rejoint, souriante, à la main nos deux cafés,
Quelques chaudes gorgées, entre... deux conflits à régler,
Des solutions à trouver, des mots à reformuler,
Une écorchure à soigner, une blessure à consoler...
Et puis... c’est reparti !
Sur les chemins de la connaissance,
Vaincre ainsi sans cesse l’ignorance,
Avec labeur, effort, sérieux,
S’ouvrir l’esprit, être curieux.
Ne pas oublier l’insouciance,
De tous ces êtres en enfance,
La bonne blague !... On la mettra dans le journal,
Les bons gags, et les rires, c’est vital !

Dans les pots
Les peintures sont bien préparées,
Quatre enfants sur un chevalet,
Deux à l’ordi pour recopier,
Les autres en dessin sur papier,
... Sans elle, jamais...
Ce ne serait si bien géré.

Le soir, coup de fil...
C’est Géraldine,
A sa voix, je perçois,
Une blessure qui abîme...
Écoute, me dit-elle... c’est à pleurer !
Du « Pôle Emploi » j’ai reçu... un imprimé,
Dans quelques semaines, c’est marqué,
Votre contrat est terminé...
Ils me demandent ce que j’ai fait,
Pour trouver un futur emploi…

Sa voix se fêle... "J’ai… un emploi ! »
Ils me demandent ce que j’ai fait,
pour me former, pour m’insérer,
Sa voix se gèle… puis accélère : « Je... suis formée,
depuis trois ans, j’me sens utile, insérée et c’est varié,
pas bien payé, mais... j’veux rester ! »
Sa voix s’étrangle... c’est à pleurer...
Ils me demandent mes compétences
C’que j’ai acquis, que vais-je répondre ?
Il y a l’espace... d’UNE LIGNE
UNE LIGNE... mais tu te rends compte !

J’ai honte, honte... il aurait fallu UNE PAGE
Au moins UNE PAGE pour répondre,
J’ai honte, honte... pour notre Grande Dame
Pour ceux qui l’ont créée, l’ont fait évoluer,
Qui a tant appris aux enfants,
Qui a tant encore à leur apprendre…

Et Géraldine ???
On n’lui dira même pas MERCI
Bien sûr, pas de parachute doré,
Et même pas d’indemnité
Ils lui précisent... Oh !... comme ils disent
D’étudier ses droits... pour... le R.M.I.
Elle a raison... c’est à pleurer...
Alors qu’on demande chaque jour,
A nos élèves de dire « Bonjour »
De dire « Au revoir » et... « Merci »
De s’respecter, d’être poli
Comme vous dites, Monsieur Sarkozy...
Que vais-je dire, à la p’tite fille,
Qui l’autre jour, près de moi, s’est assise,
Et, tout fièrement, m’a dit :
« Tu sais, Maîtresse, moi, quand j’serai grande,
J’irai au collège, comme mon grand frère,
J’irai au lycée, j’passerai mon bac,
Et je ferai... comme Géraldine ! »
Je sursaute... Mon cœur se serre... C’est à pleurer.

C.Picavet
Professeur des écoles à l’école des Livres Magiques Saint-Grégoire du Vièvre (Eure)

En hommage à toutes les Géraldine, Florence, Sabrina, Laurence, Elodie, à tous les Philippe, Sébastien, et bien d’autres qui ont valorisé mon travail, et participé à la guérison d’la Grande Dame... qui est encore bien malade...

Je ne crois pas à la peur, je crois à la force et à la magie des mots,
Et pour garder notre bonheur, il suffirait de quelque Euros...
Quel patron, quelle entreprise, après trois ans de formation, Jetterait son salarié, pour prendre un autre, recommencer ?
Quel jardinier, quel paysan, brûlerait sa récolte
mûre, après avoir semé, soigné ?
Je n’ai pas fumé la moquette
Je veux seulement que l’on arrête, De prendre les gens pour des pions,
Qu’on arrête de tourner en rond !
Torpillé le « Chagrin d’école »En mille miettes de BONHEUR !

En l’honneur de tous ces p’tits bonheurs…
INONDONS LE NET
les amis, les décideurs,
les chômeurs, les travailleurs,
les directeurs, les inspecteurs,
employés et professeurs,
députés, ministres,
rmistes ou artistes,
chanteurs, compositeurs, rappeurs, slameurs,
radios, journaux, télés,
et à tous ceux qui sont... parents... d’un enfant...
enfin à chaque être humain de ce pays
qui j’espère un jour dans sa vie,
a bénéficié d’un peu de bonheur,
de cette Valeur Ajoutée
HUMAINE rentabilité,
dans le giron de la Grande Dame.

P.S. : Ironie... A la rentrée, c’est presque sûr
Notre petite école rurale
Sera dotée d’une Valeur Matérielle Ajoutée,
Des fonds ont été débloqués,
Huit ordinateurs et un tableau interactif
Nous serons à la pointe du progrès ! Et pour cela, je serai formée !
Mais, qui m’aidera à installer, et à gérer, sans Valeur Humaine
Ajoutée ?

Dubois Simon

vendredi 10 décembre 2010

La seule issue

"Peut-être aurait-il alors songé que, s'il pouvait recommencer sa vie, il s'attacherait à enseigner que, la seule issue, c'est l'amour des autres. L'amour qui ouvre les bras à tous. L'amour qui respecte le toit, le champ et l'olivier du voisin. L'amour qui aime sans atendre de retour. L'amour qui goûte que chacun soit comme il est. L'amour qui sait que la vérité n'est jamais sans pleins et sans déliés… Car sans cet amour-là, on est sourd et aveugle.
Il aurait alors pu fermer les yeux en paix."

(Michèle Kahn, Le Rabbin de Salonique, Editions du Rocher, page 274.)

jeudi 16 septembre 2010

Les extrémistes

Les extrémistes l'emportent souvent.
Alors soyons extrémistes,
extrémistes de l'amour, de la douceur, du partage…

samedi 14 août 2010

Le Miroir

The Mirror

I look in the mirror
And what do I see?
A strange looking person
That cannot be me.

For I am much younger
And not nearly so fat
As that face in the mirror
I am looking at.

Oh, where are the mirrors
That I used to know
Like the ones which were
Made thirty years ago?


Now all things have changed
And I’m sure you’ll agree
Mirrors are not as good
As they used to be.


So never be concerned,
If wrinkles appear
For one thing I’ve learned
Which is very clear,


Should your complexion
Be less than perfection,
It is really the mirror
That needs correction!!

Edmund Burke, 1729 – 1797, Irish Philosopher.

lundi 22 février 2010

Vivre l'instant

Tu cours dans le temps
tu cours dans l'instant
Mais court est le temps
court est l'instant
Alors…
Respire, vis et sens
l'instant du temps.

samedi 6 février 2010

Aime

Si tu es sans amour,
tu cours vers la tristesse.
Si tu es sans amour,
tu cours vers une vie aigre et fripée.
Si tu es sans amour,
tu cours en vain après l'amour des autres.
Aime sans espoir de retour,
et l'amour te chérira.
Aime. Aime. Aime.